N‘ayons pas peur des mots : les besoins en débit pour une entreprise deviennent aussi cruciaux que ceux en électricité. Une perte de connexion peut littéralement figer son activité courante. Pour cette raison, la fibre reste le désir majeur pour toutes les structures en quête de Très Haut Débit ; et avec des besoins en débit qui doublent tous les 18 mois depuis 5 ans, on le comprend aisément. Mais entre les offres FTTH qui n’affichent que le débit maximum possible, et celles qui préconisent du FTTO pour tout le monde, comment s’y retrouver ? Nous faisons le point.

La fibre FTTx : quelle signification ?

Quand on parle de FTTX (Fiber To The X), on parle d’une architecture réseau constituée de fibre optique. Auparavant, la fibre optique était utilisée principalement dans le coeur de réseau des opérateurs. La technologie FTTx vise à rapprocher la fibre au plus près de l’utilisateur afin de limiter le plus possible l’usage du cuivre pour le transport des données. FTTx va donc permettre de classifier la fibre selon son déploiement ; jusqu’à la rue (FTTS),  jusqu’au bureau (FTTO) etc.

Si nous pouvons lister plus d’une dizaine d’acronymes de FFTx, nous allons nous concentrer sur deux d’entre eux : la fibre FTTH et la fibre FTTO. Pourquoi celles-ci spécialement? Tout d’abord, ce sont celles majoritairement commercialisées par les opérateurs. Et leurs différences rappellent à plus d’un titre celles entre l’ADSL et le SDSL. Mais commençons par une brève présentation :

La fibre FTTH : la fibre mutualisée

La fibre FTTH, acronyme de Fibrer To The Home, part du noeud de raccordement optique (NRO) pour aller jusqu’à un Point de Mutualisation de Zone (PMZ), avant d’être partagé entre des logements de particuliers, ou des locaux d’entreprises. C’est donc est une fibre « mutualisée ». En effet, à partir du Point de Mutalisation de Zone le plus proche, le flux va être partagé entre plusieurs abonnés. Celle-ci présente plusieurs similitudes avec l’ADSL, notamment sur son aspect  abordable, bien qu’offrant un débit beaucoup plus élevé. Là où des offres ADSL affichent un débit descendant jusqu’à 20Mb/s, la fibre FTTH peut, chez certains opérateurs, aller jusqu’à 1 Gb.

La fibre FTTO : la fibre dédiée

La fibre FTTO, acronyme de Fiber To The Office, raccorde directement les  bâtiments de l’entreprise au point de raccordement NRO. De ce fait, nous pouvons parler de fibre « dédiée » puisque le débit est intégralement dédié au client de la solution.

A partir de ce bref résumé, étudions leurs différences.

Fibre FTTH vs Fibre FTTO

Avant toute chose, en dépit de leurs différences, notez que ces 2 solutions apportent un véritable plus en comparaison d’un accès ADSL, ou SDSL, existant. Tant au niveau du débit, que des infrastructures sur lesquelles celles-ci sont opérées (sur la fibre et non plus le cuivre). Pour ce qui est de leurs différences, les voici  :

Débits : FTT0 vainqueur

Quand le FTTH est aujourd’hui proposé jusqu’à 1 Gb/s, le FTTO, quand à lui, est capable d’atteindre 10 Gb/s. Et avec son caractère mutualisé, le FTTH ne respecte pas nécessairement les débits maximums annoncés. Selon le nombre d’utilisateurs se partageant la connexion, et l’heure de la journée, les variations peuvent être importantes. Sans parler des possibles congestions du trafic. Rien à voir avec la fibre FTTO dont les débits sont garantis.

Autre différence majeure : le FTTO, contrairement au FTTH, propose un débit symétrique (mêmes capacités d’émission que de réception).

GTR (Garantie de Temps de rétablissement) : FTTO vainqueur

Qui dit dédié, dit capacité à proposer une GTR et des services associés. Concrètement, si une entreprise disposant d’une fibre FFTO rencontre des problèmes (déconnexions, pertes de paquets etc.), alors son prestataire s’engage à rétablir le lien dans les 4 heures en moyenne. Avec une connexion FTTH, celle-ci ne bénéficiera d’aucun service supplémentaire, l’opérateur proposant un rétablissement en « best effort ».

Prix : FTTH vainqueur

Forcément, tous ces avantages liés à la fibre FTTO ont un coût. Les tarifs proposés sont plus élevés comparés au FTTH, et freinent beaucoup de PME. Si les ETI et les grandes entreprises  s’acquitteront sans soucis des centaines d’euros d’abonnement mensuel, les plus petites préfèreront rogner sur les services pour une offre FTTH plus économique.

Fonctionnement Fibre FTTH et FTTO

FTTH/FTTO = ADSL/SDSL ?

Si le parallèle interpelle, notamment en raison des différences de débit, les ressorts comparatifs offrent de belles analogies. Revenons quelques années en arrière, lorsque le choix pour la connexion de son entreprise se limitait à l’ADSL et au SDSL. Les arguments étaient les mêmes : tarif attractif pour le 1er, débit et GTR pour le 2nd. Et résumer le choix entre prix ou qualité est réducteur. En effet, de nombreuses entreprises ont, et continuent, de parfaitement fonctionner avec une connexion ADSL. Sans parler de celles utilisant un lien SDSL et un lien ADSL pour leur backup.

Il en va de même pour le choix entre la fibre FTTH et la fibre FTTO. Si d’un point de vue performance le FTTO l’emporte, cela signifie-t-il que le FTTH soit une solution défaillante ? Non bien au contraire ! Pourtant, beaucoup d’opérateurs continuent à le présenter comme une solution non professionnelle. Jugement bien restrictif au regard de ce qu’il peut apporter à certaines PME, voir ETI. D’autant qu’à débit égal, le FTTH proposera des tarifs bien moins élevés que le FTTO. La différence se jouera sur les engagements de débits et la GTR principalement. Le choix doit ainsi se faire selon de nombreux critères liés à l’activité de l’entreprise : l’importance de ses outils métiers, son caractère multi-sites et leur interdépendance etc. Mais plus que tout, la principale question à se poser est : quelle est la criticité de ma connexion internet ? FTTH et FTTO peuvent d’ailleurs fonctionner de manière complémentaire. L’accès FTTH peut être utilisé pour internet et l’accès FTTO pour les applications métiers.

Alors si le FTTH et le FTTO ont considérablement fait monter les débits comparés au cuivre, ils n’ont pas pour autant changé l’équation en termes de choix depuis l’avènement du SDSL. Comme quoi, même en termes de connectivité, l’histoire demeure un éternel recommencement.

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