La migration vers le cloud n’est pas un phénomène si récent. Ce mouvement commença avec les applications à faible criticité vers le cloud public. Mais la nouvelle vague diffère de la première, en ce sens qu’à présent ce sont les applications sensibles qui préparent leur voyage en direction des nuages. Mais cette transition se révèle bien plus délicate en raison d’une problématique liée aux compétences internes des entreprises. Or, pour David J. Cappuccio, vice-président et chef de la recherche de l’équipe infrastructure de Gartner, 80% des entreprises auront fermé leur Data Center traditionnel d’ici 2025, contre 10% aujourd’hui. Cependant, une étude de Strategy Group a révélé que 57% des entreprises ayant migré des applications vers le cloud avaient réintégré leurs données et / ou leurs applications en interne en raison de performances décevantes ou de coûts croissants. La raison ? Une migration mal préparée. Alors quelles sont les clés de la réussite ?

Planifier sa migration vers le cloud

Nous passons du cloud 1.0 au cloud 2.0; mais qu’entendons-nous par cloud 2.0 ? Il s’agit ni plus, ni moins, d’externaliser son hébergement, et l’infrastructure nécessaire, comme on le fait avec certaines solutions SaaS. C’est pour cette raison que nous parlons aussi d’infrastructure en tant que service (IaaS). Mais si la disponibilité constituait l’attente principale du cloud 1.0, la performance devient dorénavant une composante majeure. Et l’enjeu est de taille puisqu’il s’agit d’applications critiques.

Mais, avant toute chose, pourquoi choisir migrer vers le cloud ? Pour affranchir l’entreprise des infrastructures physiques (serveurs, etc.) et des coûts afférents (refroidissement, sécurité etc.) en les mutualisant. Cependant, ces objectifs ne sont pas toujours au rendez-vous. Pire : stocker ses données, et héberger ses applications dans le cloud, peuvent parfois augmenter les coûts. Finalement le cloud nous ferait-il miroiter les étoiles ? La réponse est clairement non.

En effet, l’erreur la plus courante consiste à répliquer son environnement on-premise dans le cloud sans réflexion préalable. Un transfert à l’identique entraîne au mieux un simple transfert des coûts, mais sûrement pas une baisse.

La question à se poser au préalable est « Combien cela coûtera-t-il d’exécuter mon application dans le cloud? » En effet, de cette question va en découler une autre : « comment fonctionne mon application maintenant ? »

L’importance des SLA pour un hébergement performant

Le SLA (Service Level Agreement) constitue une clause contractuelle par laquelle votre prestataire va s’engager sur un niveau de services préalablement défini. Parmi les SLAs les plus importants, citons la PSG (Plage de Service Garanti), la GTR (Garantie de Temps de Rétablissement) ou le taux de disponibilité. Nous n’entrerons pas dans le détail, l’idée étant de comprendre le principe suivant : vos applications ne sont pas un bloc monolithique. Chacune a des exigences et des critères de performance bien spécifiques auxquels votre fournisseur doit répondre par des SLAs.

Si votre fournisseur de service ne propose pas de SLA, des surcoûts sont à prévoir en raison de performances moindres. Et puisque nous parlons d’applications critiques, l’investissement dans des ressources supplémentaires deviendra obligatoire pour un niveau d’activité équivalent.

Plages de Service Garanti

Commencez donc par étudier les applications vouées à migrer dans le cloud, leurs caractéristiques de performance, et leur saisonnalité. Par exemple, votre application nécessite peut-être plus de ressources le lundi à 10h que le dimanche à 8h. Dresser un état des lieux va permettre de négocier une Plage de Service Garanti (PSG). La PSG va ainsi permettre de définir un taux de disponibilité annuel (2600 h, 6000h etc.)

Comprendre les dépendances de vos ressources

Au même titre que leurs performances, vous devez comprendre les dépendances de vos applications. Le fonctionnement de certaines applications critiques peuvent en effet dépendre d’autres ressources. Si ces dernières ne sont pas hébergées dans le cloud, ou au sein du Data Center d’un prestataire différent, cela pourrait altérer leurs performances, et donc incidemment leurs coûts.

Chiffre d'affaire généré par le cloud

3 questions à se poser avant de migrer vers le cloud

Une infrastructure hébergée dans le cloud peut générer de bonnes performances techniques et financières, si la migration est bien réfléchie. Pour cela, avant de vous lancer, posez-vous ces 3 questions :

Quelles seront les performances de mes applications dans le cloud ?

Pour déterminer les applications à migrer, et celles à conserver dans un Data Center on-premise, rien de mieux qu’une mise en situation dans un environnement test. Mieux vaut se faire une idée des performances le plus tôt possible, plutôt que de devoir rapatrier une application du cloud.

Quel sera le coût d’un hébergement de mon application dans le cloud ?

Pour faire simple, suivez le mantra suivant : ne souscrivez à aucun service si ses performances ne sont pas supérieures à celles d’une configuration on-premise, et cela à un coût inférieur. Cherchez la configuration optimale du processeur, de la mémoire, du réseau et du stockage, et veillez à être spécifique à l’égard de votre fournisseur. Vous serez en mesure d’évaluer les coûts selon des éléments concrets et connus.

Quel fournisseur d’hébergement cloud choisir ?

Le choix votre fournisseur d’hébergement cloud est très important. Tout d’abord, orientez-vous vers un prestataire capable de vous fournir un environnement test afin de mettre à l’épreuve ses configurations avant une mise en production. L’étendue des possibles en termes de fonctionnalités et de paramétrages implique des résultats différents. Comme on dit : test and learn !

Si vous répondez à ces 3 questions, et que le fournisseur cloud sélectionné apporte une SLA qui vous satisfait, votre migration peut débuter. Une fois la migration achevée, surveillez les performances de votre environnement. Et là vous pourrez dire que le cloud vous a permis de décrocher la lune

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