Si le SDSL permit, et continue de permettre, à de nombreuses entreprises d’accéder au Très Haut Débit, la fin prochaine du RTC et le développement de la fibre pourraient présager de sa fin. Qu’en est-il réellement ?

Qu’est-ce que le SDSL ?

Le SDSL, dont les lettres signifient littéralement Symmetric Digital Subscriber Line, vit le jour à la fin des années 90, soit près de 10 ans après l’émergence de la technologie « DSL ». Comme son nom l’indique, la symétrie le démarque des autres membres de la famille xDSL (qui comprend l’ADSL, le TDSL et le VDSL). En effet, le SDSL garantit des débits symétriques en upload et en download, contrairement notamment à l’ADSL. Cette spécificité, associée à des débits plus importants, permit aux entreprises de dépasser les limites de l’ADSL en termes d’usages, à partir d’une infrastructure cuivre.

Basée sur des paires de cuivre, le SDSL permet de cumuler les paires et donc les débits, jusqu’à atteindre parfois les 20 Mbps. Ces performances en termes de débit, et de résilience, offrirent aux entreprises la possibilité d’accroître leurs usages web au cours des années 2000.

Enfin, les accès SDSL disposent très souvent d’une GTR (Garantie de Temps de Rétablissement) garantissant une disponibilité maximale de l’accès et rétablissement rapide en cas de dysfonctionnement contrairement à ses cousins ADSL et VDSL.

Le SDSL toujours dimensionné aux usages ?

Mais voilà, les usages en termes de consommation de bande passante ont beaucoup évolué ces dernières années. La visioconférence, la VOIP ou encore l’usage de solutions dans le cloud ont entraîné une dépendance aux débits toujours plus élevée. Et parmi ces usages, l’augmentation des uploads constitue une petite révolution.

En effet, cette utilisation montre les limites du réseau cuivre qui n’avait pas prévu ces usages modernes. Le xDSL fut initialement conçu pour amener des données (légères) jusqu’aux postes de travail, et non pour envoyer des fichiers toujours plus volumineux.

Et cette réalité se traduit bien souvent par des congestions du réseau au sein des entreprises. Tout comme le trafic autoroutier peut-être régulé par une limitation de vitesse, les flux montants peuvent également être bridés. Mais est-ce une bonne idée de limiter l’activité d’une société à son niveau de débit ?

débits internet (ADSL, SDSL, fibre et 4G)
ADSL, SDSL, Fibre : quels débits ?

Vers la fin du réseau cuivre ?

Comme annoncé par l’opérateur historique, les lignes analogiques et numériques vont progressivement disparaître afin de migrer vers le full IP. Pour beaucoup, cette nouvelle présage un abandon à termes de l’infrastructure cuivre. Deux raisons sont avancées pour soutenir cette prédiction: tout d’abord, cette infrastructure s’avère coûteuse en entretien. Et, face aux performances moindre du cuivre, les entreprises se tourneront automatiquement vers la fibre, entraînant encore plus vite le choix d’un abandon pur et simple. Même si l’opérateur historique dément fermement cette spéculation, beaucoup « d’avis » restent persuadés de l’inverse.

Déroulement de l'arrêt du RTC
Comment va se dérouler l’arrêt du RTC ?

La fibre et la fin du RTC signent-ils la fin du SDSL ?

L’essor de la fibre fut donc, dans un contexte de besoins de débits croissants, accueilli avec beaucoup d’enthousiasme par de nombreuses entreprises. En effet, beaucoup de chefs d’entreprises constatent l’importance toujours plus grande de leur connexion dans leur activité quotidienne. L’état souhaite justement répondre à cette situation avec son Plan Très Haut Débit. L’ambition : faire entrer la France dans l’ère du Très Haut Débit, avec une grande attention accordée à la fibre.

De plus, l’arrêt du RTC semble augurer la fin prochaine du réseau cuivre comme nous l’avons vu. Alors dans ce contexte, le SDSL est-il devenu obsolète ? Clairement Non.

Tout d’abord, fibrer la France demeure plus une ambition qu’une réalité. Bien que le déploiement ne cesse de progresser, la capillarité reste à développer. L’état souhaite rendre accessible le Très Haut Débit à tous les Français d’ici 2022 et fibrer 60% des locaux des territoires ruraux, mais la tâche reste encore longue. Pour l’heure, 19,6 millions de foyers sont éligibles au Très Haut Débit. De ce fait, le SDSL entre pleinement en compte dans le plan Très Haut Débit grâce à ses débits élevés et son usage éprouvé.

Ensuite, le coût, non négligeable, exclut de fait de nombreuses entreprises. Même si l’accès à la fibre FTTH offre des abonnements très abordables, la capillarité reste à densifier. Cependant, certaines agglomérations, via leur DSP, permettent d’obtenir des prix équivalents entre la fibre et le SDSL. Pour certaines grandes entreprises, l’accès au Très Haut Débit entre en jeu dans les critères de localisation. Les collectivités perçoivent tous les enjeux économiques derrière cette question.

Enfin, le réseau cuivre sera encore en place après la fin du RTC prévue pour l’horizon de 2025. En effet, l’opérateur historique reste catégorique sur cette question, et les objections ne restent que pure spéculation.

Une place dans la famille très haut débit

La fibre possède donc, pour l’heure, deux principales limites : son accès et son coût. Cette situation confère donc au SDSL une légitimité encore bien solide. Et il ne faut pas la percevoir comme un choix par défaut. Selon plusieurs facteurs, le SDSL peut fournir des débits très suffisants pour des usages professionnels.

D’ailleurs, le SDSL et la fibre sont souvent associés en offre Duo dans le cas d’interconnexions d’entreprises multisites. Et finalement, pour le moment, le secteur semble converger vers cette complémentarité. N’oublions pas qu’avec près de 20 ans d’existence, le SDSL reste une technologie fiable et éprouvée. Alors dans les années à venir, tous deux fonctionneront main dans la main… avant le passage de relais ?

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