Le compte à rebours a commencé, le réseau RTC entre dans sa phase finale. En effet, les entreprises disposent de 7 ans pour basculer vers la téléphonie IP, et ne pas se retrouver sans tonalité. Véritable opportunité d’engager son entreprise vers une évolution de ses pratiques, il convient de prendre en compte une donnée cruciale : le Très Haut Débit.

La fin du RTC, l’avènement de la téléphonie IP

Le calendrier de la fin du RTC

Les lignes numéris et analogiques deviennent obsolètes et sont vouées à s’éteindre d’ici à quelques années. Un calendrier est en place afin d’échelonner leur fin et donner le temps aux entreprises de s’adapter.

  • Dès le 4ème trimestre 2018, en métropole, toute nouvelle ligne téléphonique sera installée en Voix sur IP (VOIP).
  •  Dès le 4ème trimestre 2019, les lignes Numéris et T0 (multi-lignes) cesseront d’être commercialisées.
  • A partir de 2022 les lignes RTC seront progressivement migrées en IP, régions par régions.

Le RTC ne va donc pas s’arrêter brutalement, mais s’éteindre progressivement, afin de laisser le temps aux entreprises de s’orienter vers le « full IP ».

Calendrier d'arrêt du RTC
Calendrier d’arrêt du RTC

Le passage à la téléphonie sur IP

Abandonner les lignes Numéris et RTC au profit de l’IP ne constitue pas un simple changement de protocole mais bien une convergence. Convergence vers quoi ? Vers la plupart des services numériques utilisés dans les entreprises : messagerie en ligne, visio-conférence, partage d’agendas, transferts de fichiers etc. Il devient également possible de coupler les mobiles avec les lignes de téléphonie fixe. Vous pouvez ainsi débuter une conversation sur la première, et la poursuivre sur la seconde en toute transparence; ou bien recevoir vos appels sur les deux. Tous ces services peuvent ainsi se regrouper au sein d’un même environnement ainsi unifié (nommé « communications unifiées »).

L’IPBX devient le PBX nécessaire pour faire fonctionner l’ensemble de la téléphonie, sachant qu’un seul suffit pour l’ensemble des sites. Néanmoins, est-il possible de passer à la téléphonie IP à partir d’un PABX ? L’opération est réalisable à partir d’un convertisseur RTC/IP (IAD). Toutefois, quitte à passer à l’IP, autant en profiter pour s’inscrire dans un cadre plus global. Quand on aborde l’avenir, mieux vaut faire table rase du passé.

Beaucoup d’entreprises qui passent à la téléphonie IP en profitent pour étoffer leurs solutions collaboratives et ainsi repenser la collaboration en interne (télétravail, bureaux mobiles, salles de visioconférence…). La migration se transforme ainsi en un véritable projet d’entreprise.

Fibre ou SDSL : la nécessité du Très Haut Débit

En convergeant dans le cloud, ces services collaboratifs nécessitent de la bande passante. Quand, en plus à cela, s’ajoutent des outils métiers, la question du Très Haut Débit devient centrale. Imaginez : la plupart de vos outils dépendent à présent de votre connexion.

Les limites de l’ADSL

Avant tout, il convient de rendre à l’ADSL ce qui revient à l’ADSL : la démocratisation d’internet au sein des entreprises. En effet, son coût abordable a permis à de nombreuses PME et TPE de se doter d’une connexion honnête et suffisante pour leurs usages. En revanche, ces usages ont évolué vers plus de numérique et de solutions clouds. Sans souvent bien s’en rendre compte, leurs besoins en débit ont donc augmenté. Et avec son débit réduit, asymétrique, l’ADSL pose de plus en plus de limites dans les usages.

Or, au vu de la dépendance toujours plus forte des entreprises à leurs outils numériques, la qualité et la disponibilité de la connexion deviennent des éléments aussi cruciaux que l’électricité pour leur fonctionnement. Le passage au Très Haut Débit devient nécessaire.

SDSL, le palier du Très Haut Débit

Le SDSL va offrir 2 éléments qui le distinguent clairement de l’ADSL :

  • Une connexion symétrique : l’ADSL propose un débit descendant bien plus élevé (réception de données) que le débit ascendant (envoi de données), de l’ordre de 20 fois. Le SDSL, lui, offre des débits symétriques. L’avantage ? Vous pouvez télécharger des données et envoyer dans le même temps des fichiers volumineux. Dans le cas de la téléphonie sur IP, la symétrie permet de conserver une même qualité en réception des paquets « voix » qu’en émission (vous imaginez-vous recevoir un son de bonne qualité mais en émettre un de qualité médiocre? Qui veut voir sa voix se retrouver hachée par une connexion asymétrique ?). Sans parler des outils collaboratifs qui, collaboration oblige, nécessitent un débit symétrique pour un fonctionnement optimal.
  • Une garantie de temps de rétablissement (GTR) : comme son nom l’indique, la GTR va garantir un délai maximum de rétablissement du lien en cas de coupure. Quand on dépend très fortement de sa connexion, mieux vaut parer à toute éventualité. Dans la plupart des offres, les opérateurs s’engagent sur un délai de 4h.

En plus de ces 2 services majeurs, les opérateurs peuvent s’engager sur les débits annoncés, contrairement à l’ADSL. En revanche, le SDSL reste basé sur la technologie cuivre dont les infrastructures sont vieillissantes.

La fibre pour atteindre les sommets du Très Haut Débit

Si le SDSL permet de s’approcher du Très Haut Débit, la fibre reste le moyen privilégié d’y parvenir. Avec la possibilité d’atteindre des débits jusqu’à 10 Gb/s, vos connexions sentiront la différence. Pour parvenir jusqu’à ces sommets, 2 types de fibre vont être proposées aux entreprises :

La fibre FTTH

La fibre FTTH est une fibre « mutualisée » dans le sens où le débit est mutualisé avec d’autres utilisateurs, et son débit est asymétrique. Aucun engagement de débit, ni de durée de rétablissement, ne sont possibles en raison de sa nature. La fibre FTTH ressemble beaucoup à l’ADSL, en ce sens que son coût abordable va rendre le Très Haut Débit accessible à de nombreuses TPE et PME.

La fibre FTTO

La fibre FTTO est une fibre dédiée offrant, au même titre que le SDSL, une connexion symétrique, une GTR et un débit garanti. En revanche, son coût est plus élevé que celui de la fibre FTTH, sachant que le lieu d’éligibilité va avoir une influence sur les tarifs, ceux-ci variant du simple au double. Mais lorsque la connexion présente une véritable criticité pour l’activité, un tel investissement se révèle incontournable. Criticité d’autant plus grande si l’entreprise utilise de nombreuses solutions hébergées dans le cloud.

Très Haut Débit et Fibre FTTH et FTTO
fonctionnement fibre FTTH/FTTO

Très Haut Débit, moteur de la convergence

Nous vivons dans une ère du « full-ip » et la téléphonie n’y échappe pas. Avec l’arrêt programmé du RTC, les entreprises ne vont plus avoir le choix : leur standard va devoir changer. En revanche, il ne faut pas aborder ceci comme un simple changement mais comme une opportunité. Le moment est venu d’engager une réflexion sur la collaboration, et donc d’accroître la productivité des collaborateurs, et la téléphonie est un bon point de départ. Mais il ne faut pas oublier que l’accès au Très Haut Débit est un élément crucial au bon fonctionnement de cette mutation. Comme l’essence fait avancer la voiture, le débit fera avancer la transformation de votre entreprise.

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